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Paul Bouchet
Paul Bouchet est un avocat français, né le 25 juin
1928, conseiller d'État honoraire.
Comme président de l'
Il fut bâtonnier
du barreau de Lyon
(1980-1981), président du mouvement ATD Quart Monde
(1998-2002), et actuellement président d'honneur.
Il est membre du Haut comité pour le logement des
personnes
défavorisées, et du Comité de suivi Dalo. Il a présidé la .
Paul Bouchet est membre du Comité de soutien de l’Association
Primo Levi.
Connaissez-vous Paul Bouchet ?
Si je vous dis qu’il a présidé de 1998 à 2002 à la suite de Geneviève
de Gaulle le mouvement ATD Quart Monde et qu’il fut un temps
bâtonnier de l’Ordre du barreau de Lyon, je vous mets sur la piste. Cet
homme a derrière lui une longue carrière d'avocat social. Il est
éloquent, plein d’ardeur, et d’une grande affabilité. Il préfère de ce
fait le charme de la parole à l’austérité de l’écriture. Ce n’est donc
pas sans maugréer qu’il s’est décidé à écrire ses Mémoires. Mais il est
plus juste de les appeler récit de vie, à la manière allemande. Car ce
témoignage est aussi un essai historique. C’est une chronique emplie de
ferveur, et dont on peut être assuré qu’elle n’est pas bidon. Elle
s’appelle Mes sept utopies. Paul Bouchet n’y prend pas la
pose, il raconte ses engagements en direct. Ancien résistant, marqué au
fer rouge par les premières publications clandestines de Témoignage
chrétien, son livre démarre, comme il se doit, en juin 1940 et se
poursuit jusqu’au bel aujourd’hui. Il aurait pu s’appeler Ici
commence. Tant il est vrai que le passage de la Résistance
spirituelle aux réseaux d’action dans la Loire fut comme un saut dans
l’inconnu, pour celui qui après une longue convalescence, n’avait pas
vingt ans, et se morfondait de n’être pas encore rattaché à l’Armée
Secrète. Corps souffrant, âme inquiète, le jeune Paul Bouchet entra
dans la vie par la grande porte. En Août 1944, on le voit sur la photo,
à Panissières dans la Loire, en porte-drapeau des Forces françaises de
l’intérieur.
Q : Ce moment inaugural visiblement ne le
quittera plus. Mais pourquoi son récit de vie s’appelle-t-il Mes
sept utopies ?
R : Parce que sa vie se présente comme une succession d’utopies, et que
chaque étape de son existence est comme le développement d’une idée,
son déploiement dans la réalité. Que celles-ci se nomment liberté,
fraternité, justice, ou beauté. Car Paul Bouchet est un homme pour qui
l’art est le compagnon de l’espoir. Ami d’enfance de Pierre Boulez, il
ne manque aucun de ses concerts. Il fut très proche du peintre Bernard
Cathelin. Il fut un fidèle admirateur de Roger Planchon. Mallarmé est
son poète préféré. Et comme beaucoup d’hommes d’action, il organise des
séminaires, des ateliers d’utopies, dans une sorte de phalanstère, un
château dans le Forez, Goutelas, qu’il a découvert par hasard en
juillet 1961, et qui fêtera ses quarante ans d’exercice l’an prochain.
En ce lieu magique, se croisent les meilleurs esprits, tous humanistes
de la première heure, et les plus grands artistes, dont Duke Ellington,
qui en fut tellement marqué, qu’il composa un morceau du nom de Goutelas
Suite.
Q : Et les autres
utopies ? Quelles-sont
elles ?
R : Ce serait trop long de les reprendre toutes. Mais elles
correspondent aux métiers et fonctions exercés par Paul Bouchet. Au
sortir de la Libération il fut syndicaliste étudiant, l’inspirateur de
la Charte de l’UNEF, il fut avocat, nous l’avons dit, spécialisé dans
le droit du travail. Il fut président du Fonds d'action sociale pour
les travailleurs immigrés. Il fut médiateur à Vénissieux dans le
quartier des Minguettes, où l’on vit éclater, durant l’été 1981, de
violentes émeutes qui débouchèrent sur des arrestations. Il fut membre
du Conseil d'État et président de la Commission consultative des Droits
de l'Homme. Il fut président de la Commission nationale de contrôle des
interceptions de sécurité, et j’en passe. Paul Bouchet est ainsi. Et je
vous rassure, il est en vie. Que la petite-fille espérance soit ou pas
au rendez-vous, il n’est pas de ceux qui se taisent quand il faut
hurler. Le droit-de-l'hommisme est à ses yeux une perversion des droits
de l'homme. Il faut vaincre l'égoïsme des classes moyennes et se donner
les moyens de promouvoir le droit au logement, à la santé, à la
culture, à l'éducation, et ne jamais céder sur la dignité. La vie de
Paul Bouchet s’inscrit dans le sillage de René Cassin et du père
Wresinski, le fondateur du mouvement ATD. Le lire, je vous
l’assure, permet de retrouver le sens de la marche. Nous en avons tous
besoin, je crois…
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