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Bertrand Badie, est un universitaire et politiste français spécialiste des relations internationales1,2.

Professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris, il est enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI)3.

D'origine iranienne, Bertrand Badie est diplômé en science politique de l'Institut d'études politiques de Paris (IEP), de l'INALCO et titulaire d'une licence en droit de l'université Paris I - Panthéon-Sorbonne. Il soutient une thèse de science politique en 1975 sur « Stratégie de la grève. Pour une approche fonctionnaliste du Parti communiste français », avant de réaliser un DEA en histoire du XXe siècle à IEP de Paris en 1977. Il est de 1974 à 1977 assistant, puis jusqu’en 1982 maître-assistant à l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne. Agrégé de science politique en 1982, il devient professeur à l’université d’Auvergne – Clermont I jusqu'en 19904.

Bertrand Badie transpose en relations internationales des cadres d'analyse hérités de la sociologie durkheimienne. Il aborde les conflits et crises internationales comme des pathologies sociales, héritées d'un système international producteur d'anomie (situation de perte de repères), d'exclusion ou d'humiliation. La solution repose, selon lui, sur la notion d'intégration sociale internationale (pour les États comme pour les sociétés), à travers notamment la mise en œuvre d'un multilatéralisme inclusif.

Son ouvrage Nous ne sommes plus seuls au monde (2016) propose, à rebours de l'idée selon laquelle le monde serait « indéchiffrable », des clés de lecture destinées à transformer les logiques de polarisation de la politique mondiale. Il invite ainsi à se départir des catégories d'analyse issues de la guerre froide, pour placer au cœur de l'analyse et des politiques étrangères non seulement les sociétés, mais le respect de l'altérité, ce qui implique l'abandon des interventions unilatérales, qui confondent « l'acte de régulation et l'acte de puissance ». Engagé, l'ouvrage dénonce le « tournant néoconservateur » suivi par la politique étrangère française depuis 2003, qui procède, selon l'auteur, d'une vision hiérarchique des cultures justifiant les interventions militaires. D'après le magazine Les Inrocks, Bertrand Badie prône la réactivation de la "puissance d'imagination et d'écoute" de la diplomatie.Selon Badie, la diplomatie est là « pour faire vivre la négociation qu’on voit s’atrophier au fil du temps et dont on s’est même étonné de la voir renaître à la faveur de l’accord du 14 juillet 2015 sur le nucléaire iranien »